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25 février 2011

Comment emballer les filles en 3 coups de cuillère à pot ?


La bonne éducation : point trop n'en faut.


Manteau en zibelineAujourd'hui, les femmes sont indépendantes ; elles n'ont donc pas besoin de toi. Ce n'est plus la peine de tenir les portes (d'immeubles, de restos, de métro...), surtout si elle reste coincée entre deux battants ; elle serait fichue de mal le prendre si tu la privais d'une démonstration de force. Ne paie jamais la note au café, au ciné, au resto, etc. : sois un homme moderne, laisse-toi inviter ; tu feras des économies (sur ce dos que tu chéris déjà) et tu en prendras vite l'habitude (au début, si tu te sens un peu castré, dis-toi que c'est pour son bien). Ne lui cède en aucun cas ton manteau, même si elle claque des dents, c'est évident qu'il s'agit un guet-apens (n'oublie pas que la femme est de nature perfide) ; au contraire, arrange-toi pour lui barboter sa zibeline (il vaut mieux avoir l'air d'un brésilien qui tapine au bois de Boulogne que faire preuve de machisme ; dans le cas qui nous concerne, c'est tout vu !). Enfin, ne porte jamais les sacs de courses ; elle n'est pas manchote, et toi, tu as besoin de tes deux mains pour t'en griller une.



La déclaration : vite fait, bien fait.


Escarpin idéal pour faire du piedQuand tu te sentiras fin prêt à lui déclarer ta flamme (donc potentiellement, à passer à la casserole), sache qu'en grande partie, le succès de cette délicate opération ne tient qu'à deux fils : le moment et le lieu. Privilégie en conséquence un lieu public et bruyant (tu pourras toujours prétendre, en cas d'échec, que sourde comme un pot, elle ne comprend rien à rien) à un bar cosy où elle se sentirait trop à l'aise et toi, pas assez. Le moment idéal ? Un soir, après vous être sifflé une ch'tite bouteille de Château Margaux (t'inquiète, on t'a déjà dit que c'était pas toi qui raquais). De but en blanc, tu pourras alors lui demander : « dis-moi, ma lolotte, tu veux sortir avec moi ? ». Si elle ouvre des yeux ronds comme des soucoupes, tu n'auras qu'à ajouter : « ben t'as de beaux yeux, tu le sais, ça ? » (même s'ils sont gris comme un caniveau sous la flotte ou globuleux comme des billes, on s'en fiche, au moins, tu seras le premier à le lui dire). Pense à bien lui écraser les ripatons pour souligner le côté officiel de ta demande (le commun du vulgaire appelle ça « faire du pied », même si tout le monde sait, au fond, qu'il s'agit de prendre une paire d'escarpins à 1000€ pour un paillasson). Enfin, saisis fermement sa main au vol quand elle la portera à sa tête ; ainsi, elle n'aura pas le temps de l'agiter dans tous les sens pour signifier quelque objection du type : « non mais ça va pas bien, la tête ? » et tu la scotcheras à table, des fois qu'elle songe à se carapater lâchement ou à gratifier tes efforts d'un fond de vinasse.


Le premier baiser : les filles adorent les surprises.


Observez bien les doigts plantés dans la joue pour une meilleure priseLe porche extérieur d'un immeuble, contrairement à ce que l'on nous serine dans les films, n'est pas l'endroit idéal pour un premier baiser : trop de passage, de pigeons en rang d'oignons (avec tout le danger que cela comporte), de gouttières qui crachotent, sans compter la concierge qui n'a rien de mieux à faire qu'à loucher derrière les carreaux poisseux. La cage d'escalier, quant à elle, ne présente un quelconque intérêt que si tu es tout petit ou très grand ; mais attention, emporté par ton élan, ne finis pas en boule à ses pieds (on ne se roule jamais aux pieds d'une dame le premier soir ; tiens-toi le pour dit une bonne fois pour toute). Et le canapé, alors ? C'est LE traquenard à éviter : l'embrasser sur un canapé nécessiterait un mouvement synchronisé de part et d'autre, entraînant une collision contrôlée de vos deux bouches ; pour une première, c'est perdu d'avance. Outre les risques que cela implique, dentaires comme frontaux, un tel niveau de complicité ne s'acquiert qu'au fil du temps. La meilleur tactique, en conclusion ? Foncer quand elle s'y attend le moins : quand elle déballe ses misères professionnelles au troquet du coin, quand elle guigne les escarpins (n'oublie pas que tu lui as niqué les siens) dans les vitrines du Printemps, quand elle fourrage dans son gros sac croco, quand elle téléphone à sa mère (il est d'ailleurs préférable qu'elle prenne d'emblée les bonnes habitudes, qu'elle coupe le cordon)... Empoigne-là alors fermement (une bonne prise assure un plus fort taux de réussite), et colle tes lèvres aux siennes (si elle était en train de pérorer, tant mieux, ça te facilitera la tâche et te permettra peut-être de te frayer, en fier conquérant, un chemin jusqu'à ses amygdales). Rien de plus simple, non ?

En résumé : Sois mufle, parle peu mais bien, et agis quand cela te chante !


Auteur : Cécile Duclos

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