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21 mars 2011

Faire la bise en entreprise

La bise des pingouins en entrepriseEn entreprise, pour ne plus tomber malade tous les quatre matins, il existe un remède miracle : CESSER de faire la bise.
Finis les «Salut Jean-Marc (biz biz)!», « Bonjour Pauline (chouirc bouz)!», «Hello Kader (slap slouf)», «Hy William (zouirc chouap)!»… Car il faut bien le reconnaître, ce cérémonial, aussi saugrenu que déplaisant, est avant tout une véritable usine à miasmes. Un hiver cloué au lit avec une méchante crève (qui s'en va et qui revient, zouin zouin zouin la la la) suffit à ouvrir les yeux de n'importe quel ahuri sur ce fléau de la société. Mais comment diable se soustraire à un tel rituel, hautement prisé ?

Pas d'inquiétude, il existe de nombreuses armes pour éradiquer la bise. Bien sûr, il reste de votre ressort d'appréhender leur efficacité potentielle et les conséquences inhérentes à leur bonne ou mauvaise utilisation, suivant l’environnement dans lequel vous évoluez et vos objectifs à court, moyen et long terme...


Pour les femmes

Première option (sans impact palpable sur les autochtones)
  • L'écharpe en laine carotte (celle qui pique)De tout l’hiver, ne quittez pas l'écharpe en laine carotte (celle qui pique) que vous a tricotée Tati Danielle. De temps en temps, toussotez en vous raclant bien la gorge ; mouchez-vous aussi, ça n'a jamais fait de mal à personne. Si malgré tout, un bisouilleur-kamikaze se présentait, la joue offerte et la bouche en cœur, agitez les bras (comme vous le feriez pour chasser une vilaine mouche de vos croûtes de fromage) en vous récriant : « Crénom de nom, malheureux ! Je risquerais de vous r'filer une saloperie !». Et si cela ne suffit pas à effrayer l'ennemi (il est vrai qu'une bonne chtouille c'est plus efficace, mais dans un cadre professionnel, c'est difficile à argumenter), dégainez derechef un vieux mouchoir (un carré de PQ, c'est LE top du top) et trompetez sans modération (la parade de l’éléphant, ça marche à tous les coups) ; il renoncera de lui-même.


Deuxième option (impact majeur sur la clique des autochtones aigris)
  • Quelques capotesVous lancez un « Ola ! » généralisé le matin, en arrivant au bureau, et en partant, le soir, un « Tcha-tchao ! » appuyé d’un geste balayette, le même qui signifie « dégage » mais à la verticale. Si un lourdingue arrive après vous le matin (ou part avant vous le soir, mais ça, c’est déjà plus difficile) et veut à tout prix vous claquer la bise, foncez tête baissée dans votre sac à main pour en exhiber votre plaquette de pilules, votre réserve de médicaments, vos tampons et autres serviettes périodiques, quelques capotes XXL, etc. Et s'il campe sur ses positions, usez sans scrupule du coucou-plafplaf. Ce mélange savamment dosé de politesse et de mornifle, s'il est exécuté dans les règles de l'art, devrait lui permettre de comprendre que non, il n’y a vraiment pas moyen.

Troisième option (l'impact sur les autochtones est difficilement quantifiable, hommes et femmes confondues (bon, pour des raisons différentes, certes))
  • Roulez-lui un bon gros palot devant un maximum d'autochtones (Martin van Maele, Trilogie_érotique)Si Martine (la vieille bique à moitié sourde qui s'occupe du café du directeur des ventes) s’acharne (malgré l'application de l'option un ou / et deux) à vous coller sa bouche édentée barbouillée de rouge à lèvres bon marché (5 minutes pour en effacer les traces tous les matins, c’est pénible), roulez-lui un bon gros palot devant un maximum d'autochtones ; vous verrez, elle, comme par la même occasion toutes vos collègues de sexe féminin (ou presque), n’y reviendront plus.

Pour les hommes

Première option (impact probable sur les autochtones)
  • À l’image de votre homologue féminin, incarnez le malade imaginaire. Vous n'aurez même pas besoin d'écharpe (ni de Tati Danielle, et c'est une bonne chose !) ; il vous suffira de glavioter de temps à autre à grands renforts de groumpf schlaf slurp et le tour sera joué.

Deuxième option (impact certain sur les autochtones ; mieux vaut être misanthrope ou sans éducation)
  • En tant que descendant direct de l'homme des cavernesEn tant que descendant direct de l'homme des cavernes, ne prenez pas la peine de saluer les gens ; c’est vrai, ça, à quoi ça sert de ressasser chaque jour les mêmes sottises ? Bonjour, bonsoir, pardon, s'il-vous-plaît, merci, je vous en prie...

Troisième option (impact direct sur les autochtones de sexe féminin) : 
  • Vous êtes un homme, un vrai, vous n'allez pas commencer à faire la bise à tout le monde. Et si Jocelyne se vexe en vous faisant vertement remarquer qu’elle n’a rien d'un homme, et que la bise, entre hommes et femmes, ça se fait, répondez-lui que l'égalité des sexes, c'est ça aussi. Si Catherine, la brune pulpeuse de l'accueil, vous plaît vraiment, c’est moche, mais la vie est dure.


Pour les femmes comme pour les hommes


Première option (impact physique sur les autochtones)
  • Un coup de boule (de préférence, dans le nez ou sur la pommette) est si vite arrivé ! Ça calme et ça ne s'oublie pas.

Deuxième option (impact léger sur les autochtones)
  •  Traînez généreusement des pieds sur la moquetteLe coup de jus. Pour infliger une bonne décharge électrique, il ne faut pas lésiner pas sur les moyens. Traînez généreusement des pieds sur la moquette (aller-retour WC fauteuil, aller-retour bonbonne d'eau fauteuil, etc.) pour recharger correctement vos batteries. Renouvelez l’opération aussi souvent que nécessaire, c'est-à-dire entre chaque toqué qui ne veut pas comprendre que la bise et vous, ça fait deux.

Troisième option (impact négligeable sur les autochtones)
  • Brandissez votre tasse de caféBrandissez votre tasse de café comme un étendard ; la maladresse, c'est humain : « oups, je suis VRAIMENT désolé(e)... ».


En suivant l'une de ces options (parfois, il est nécessaire de les combiner ou d'en user en alternance), vous verrez, la corvée de la bise ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir (chouirc biz bissz slurp zouzou bsss slarpf...)

Auteur : Cécile Duclos

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'ai beau être une Martine, en entreprise la bise et moi ça fait deux. Personnellement, je présente ostensiblement une poignée de main à tout(e) collègue mal informé(e) qui se risque à tenter le bisou : ça décontenance, voire jette un froid quelques millisecondes, mais le message est très rapidement compris...

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