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8 mars 2011

Le petit déjeuner de Sarkozy et Villepin à l'Élysée

Lundi 7 mars 2011 : la réconciliation


Villepin et son écharpeInvité par le président, Villepin est déposé à 8h30 précise par son chauffeur devant le lourd portail du palais élyséen. Il toque vigoureusement, des gardes républicains accourent, le dévisagent cavalièrement et lui intiment l’ordre de pousser lui-même l’énorme vantail. En ahanant, après des efforts disproportionnés, il parvient tout juste à l’entrouvrir. Il se glisse alors tant bien que mal (pas trop bien) dans l’étroit interstice et pénètre dans l’immense cour d’honneur. Les gardes le stoppent aussitôt et l’obligent à passer sous le portail de sécurité (serait-il armé ?). Puis ils lui demandent de se déshabiller, ne lui laissant que son écharpe.

Sarkozy apparaît alorsGrelottant de froid, il gravit résolument le perron de l'Élysée où l’accueillent deux huissiers qui le massent énergiquement. Quelques baffes et une volée de coups de pied, ça réchauffe toujours un peu. Encadré par les deux huissiers, il traverse le vestibule  d’honneur et entreprend l'ascension de l’immense escalier qui mène au salon doré. L’un des huissiers se saisit au passage de son écharpe et le tire sans ménagement, l’étranglant mais sans plus. Quand il arrive enfin devant le salon doré, le bureau du président, la porte est close. Par chance, un garde surgit de nulle part et l’aiguillonne du bout de son épée d’apparat avant d'ouvrir la porte et d'annoncer hardiment : « V’la Villepin, Monsieur l’hyper Président  » ! Sarkozy apparaît alors, toise son invité et s’exclame : « Vous auriez pu vous vêtir plus décemment ! Avec ce froid, vous êtes bon pour un sacré rhume. Enfin, ce n’est pas bien grave, aujourd’hui Carla ne sera pas des nôtres. Allez, mon cher ami, allons savourer notre petit déjeuner ! ».

Garde républicainPoussé par le garde, qui continue de lui larder les fesses, Villepin suit Sarkozy jusqu’au salon des portraits. Sur la table (mobilier Louis XVI en bois doré), un véritable festin attend nos convives : viennoiseries bavaroises, pains aux raisins à l'ancienne, croissants Ladurée, pains au chocolat et à la pistache, chaussons aux pommes, pâtisseries feuilletées et confiseries fourrées aux amandes, assortiment de macarons Lenôtre, œufs brouillés et jus de fruits frais, jambon Jabugo et gaufres minutes, café, thé, champagne... Villepin contemple cette débauche de friandises avec délectation, la salive envahit son palais. Pour se rehausser, Sarkozy s’assoit sur un délicat coussin brodé, calé dans un magnifique et confortable fauteuil. Un signe de sa part suffit pour que l’huissier accroche prestement Villepin à un croc de boucher, en nouant fermement son écharpe. Et le festin débute…Tandis que le président se régale, servi par des valets en uniforme, dans de la vaisselle en vermeil, Villepin se voit offrir un quignon de pain (manifestement issus de vagues rogatons), un verre d’eau saumâtre et quelques lardons bien rances. 

Entrée de l'ElyséeLe repas terminé, dans un silence présidentiel glacial et quelques crachotements villepinesques dus à une sensation d’étouffement persistante, Sarkozy se lève et l’on décroche Villepin. Le président s’adresse alors à lui : « Merci d’être venu, mon cher ami, tout le plaisir fut pour moi. À présent, je dois vous laisser car j’ai encore tout un peuple à plumer. Si vous saviez comme c’est épuisant, le métier d’hyper président ! ». Asticoté par les gardes, tiré par son écharpe, Villepin rejoint enfin la sortie. Sur ces entrefaites, on lui lance ses vêtements en lui demandant très poliment d’aller se rhabiller ailleurs.


Moralité : mieux vaut prendre son petit déjeuner chez soi que chez un vieil ami.

Auteur : Marc Duclos

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