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28 avril 2011

La chouette d’or

Merci Max Valentin!


La chouette d’orMax Valentin, qui nous a quittés en avril 2009, est devenu le premier auteur professionnel de chasses au trésor ludiques en publiant, en 1993, un recueil d’énigmes Sur la trace de la Chouette d’Or. Créateur d’un loisir d’un genre nouveau, Max a fait rêver des dizaines de milliers de chercheurs de trésor amateurs qu’il a lancés à la recherche d’un volatile en or, argent et diamants, d’une valeur estimée à 150 000 €, objet d’art unique créé par le peintre et sculpteur Michel Becker, co-auteur du livre. Dix-huit ans plus tard, le mystère reste toujours entier, faisant de cette chasse la plus longue jamais organisée au monde...

Après une première lecture du livre de Max, j’étais sûr de ma solution : la chouette était enterrée à Bourges. Je partis donc dans le Cher avec pelle, pioche et détecteur de métaux. Une journée entière à creuser au petit bonheur la chance (cours d’eau, chemins de traverse, tertres, potagers,…). Rien. Mais ce n’était pas bien grave, je n’étais alors qu’un néophyte.

Sur la trace de la Chouette d'or

En maniant la pelle et la pioche, mes bras avaient pris de la consistanceJe procédais à mon retour à une étude plus approfondie du livre. Aucun doute ! Le volatile gisait à Roncevaux. Même scénario (avec la lampe frontale en plus, on n’est jamais trop prévoyant), même résultat. J’avais toutefois une bonne excuse : mon inexpérience. Et puis à force de marcher et d’escalader, mes mollets et mes cuisses étaient devenues plus musclés. En maniant la pelle et la pioche, mes bras avaient pris de la consistance. En soi, c’était un résultat remarquable, et je le devais à Max Valentin. Merci Max !

Mais bien sûr ! Dabo !En progressant dans l’examen détaillé du livre, j’eus une révélation : « Mais bien sûr ! Dabo ! Voilà le lieu de sépulture du bel oiseau ! ». Je traversai donc la France en direction des Vosges. Très joli site, Dabo ! Certes, il était interdit de pénétrer en voiture dans les épaisses forêts de sapins, comme me le firent remarquer les gardes forestiers qui me verbalisèrent aussi sec. Toutefois, dès qu’ils eurent le dos tourné, je repérai sans peine les fameuses « sentinelles » : trois grands arbres signalés par des marques de peinture rouge. On ne pouvait pas les louper ! Je pelletais joyeusement dans leurs racines quand les gardes champêtres me stoppèrent dans mon élan,  agitant un nouveau procès verbal : une histoire de protection de la flore, si je me souviens bien. Je n’avais pas le droit de creuser là. Merci Max !

Le cimetière parisien du Père LachaiseMalgré tout, ces échecs ne me découragèrent pas et une nouvelle piste s’offrit bientôt à moi : le cimetière parisien du Père Lachaise. J’y trouvais, après trois tours complets, un caveau surmonté d’une superbe chouette en bronze, où je donnais aussitôt de grands coups de pioche. Malheureusement, je ne pus aller bien profond : des agents de police m’encerclèrent rapidement, l’arme au poing, et me sommèrent de lâcher mon outil. Un mois de prison avec sursis pour détérioration de lieux sacrés. Merci Max !

ChouetteNouvelle analyse, nouveau flash. Carignan ! J’avais trouvé ! Bon, deux villes portaient le même nom, l’une du côté de Bordeaux, l’autre dans les Ardennes, mais quelle importance ? Je choisis la première pour commencer,  elle était proche de mon domicile, c’était tout à fait logique. Grâce à un décryptage minutieux, je connaissais l’endroit précis. Curieusement, une agence bancaire s’était installée là, exactement sur la cache. Mais je ne pouvais pas m’être trompé et, sûr de mes déductions, je poussai la porte de l’agence. À la vue de tout mon attirail, les employés firent grise mine mais aucun ne me proposa son aide. Je déballai donc tout seul mon bric-à-brac et commençai à besogner l’extrémité droite du comptoir. Sonnettes stridentes, sas fermé, cris apeurés de la clientèle, hurlements des guichetiers…
En cinq minutes, l’agence était cernée par des tireurs d’élite. La porte fut enfoncée dans les secondes qui suivirent et je me retrouvai menotté, plaqué au sol. Un an de prison, dont 6 mois avec sursis (j’étais passé, allez savoir pourquoi, pour un « original »). Merci Max !

L’une des images du livre représentait bien une conque, non ?À ma sortie de prison, je réfléchis sans tarder à de nouvelles pistes. Golfe Juan ? Trop près de la mer. Conques ! L’une des images du livre représentait bien une conque, non ? Gonflé à bloc, je m’y rendis derechef, mon nouveau matériel (l’ancien ayant été confisqué dans le cadre de l’enquête judiciaire) dissimulé, par prudence, dans un grand sac poubelle. Le village était coquet, l’église (avec ses vitraux de Pierre Soulages), élégante, et les forêts ne manquaient pas. Je passais la matinée à ratisser et à bêcher à proximité des vestiges d’une maison réduite à des monceaux de pierres qui faisaient tous de parfaites sentinelles ; néanmoins, cette fois encore, je ne déterrai ni hulotte ni effraie. Je ne repartis qu’avec un tour de reins, ce qui n’était pas cher payé. Merci Max !

En route ! Au Puy, je louai une pelle mécaniqueSacrée chasse au trésor ! Plus ardue que je ne l’imaginais. Heureusement, en me penchant une fois de plus sur cet épineux défi, j’eus un éclair de génie : Le Puy en Velay, étape majeure de l’un des chemins de Compostelle ! En route ! Au Puy, je louai une pelle mécanique, ce qui me permit de retourner un champ entier en quelques heures. La chouette était coriace, elle savait se cacher ! Poursuivi par un fou furieux armé d’un fusil de chasse, je fus finalement contraint de quitter les lieux en catastrophe. Il est vrai que son champ de maïs avait beaucoup souffert, mais moi aussi, avec sa volée de plombs dans les fesses. Car il visait sacrément bien, le pendard ! Merci Max !

Max avait tout simplement enterré la chouette dans mon terrainRevenu chez moi, je pris le temps le temps de réfléchir, encore et encore, de lire et de relire les énigmes. En mettant bout à bout tous les indices, en réalisant une synthèse des commentaires des autres chercheurs, j’en arrivai à une conclusion inouïe mais indubitable. L’évidence de la solution me sautait aux yeux : c’était incontestable. Il ne me restait plus qu’à concrétiser au plus vite ma géniale trouvaille ; personne n’y avait encore pensé, aucun des milliers de chouettards qui rêvaient du bestiau, ce qui prouvait bien qu’il s’agissait de LA solution ! Max avait tout simplement enterré la chouette dans mon terrain, profitant certainement de mon absence ou de mon sommeil. Fébrilement, pelle et pioche aidant, je retournai le jardin de fond en comble sur 50 cm de profondeur. Hélas, rien ! Cependant, le terrain n’a jamais été aussi bien retourné, il est prêt à accueillir un splendide potager ! J’aurai de chouettes légumes. Merci Max !

Auteur : Marc Duclos



1 commentaire:

Anonyme a dit…

hello! Excellent résumé....cela me fait penser à une fable de Lafontaine, le laboureur et ses enfants! cordialement

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