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4 avril 2011

La propreté en entreprise : mythe ou réalité ?

La propreté en entreprise : mythe ou réalité ?Vos bureaux, crades ? Jamais de la vie. Il respirent la propreté, ils brillent comme un sou neuf ! Cependant, en y regardant de plus près... et si l'autochtone qu'on a collé à côté des toilettes (vous savez, celui qu'on appelle le craspec) était dans le vrai ? Si c'était parfaitement inutile de se laver le matin pour aller bosser dans un bouge ?

Pour savoir si vos locaux sont vraiment, vraiment torchonnés comme il sied, il n'y a pas à tortiller,  quelques vérifications d'usage s'imposent.

Votre espace de travail

Le clavier

Prenez le clavierPrenez le clavier, cet instrument de torture où vos doigts nickel chrome pianotent toute la journée et qui n'est même pas foutu de vous servir d'oreiller. Retournez-le cul par dessus tête et secouez-le franchement (comme le p'tit Riri, vous savez, quand il couine trop fort). Si une pluie plus ou moins drue s'abat sur votre bureau, examinez de plus près les débris régurgités. Vous y trouverez vraisemblablement un panel représentatif de déchets alimentaires en cours de décomposition ou de fossilisation, divers résidus non identifiables et quelques bêtes crevées (pucerons, moucherons, mais aussi araignées, puces et moustiques) qui avaient trouvé là un inépuisable garde-manger avant de se faire latter la gueule par une méchante touche. 
NOTA : Si le craspec, c'est vous, vous aurez toutes les chances d'exhumer, en sus, des galettes de cendre froide qui fleurent bon la mort entre deux boulettes de crasse composites.

La souris

Faites subir à votre souris le même traitementFaites subir à votre souris le même traitement, certes humiliant, qu'à son copain le clavier : hop, les quatre fers en l'air. Une épaisse patine feutrée fait-elle corps avec son ventre ? Pire, dans le creux de sa loupiote lumineuse ? C'est, de surcroît, l'occasion rêvée de comprendre pourquoi elle n'en fait qu'à sa tête (entre vous, le dialogue est rompu depuis qu'un jour, elle s'est mise, comme ça, à vivre sa vie sur votre écran).

Le téléphone

Reportez votre attention sur le téléphoneCessez de frotter frénétiquement la souris sur la moquette cradingue (oups, ça, vous ne le savez pas encore), et reportez votre attention sur le téléphone, cette saleté d'appareil qui vous flanque la honte à chaque fois qu'il vient troubler le calme olympien de l'open space. Les touches collent-elles ? Votre oreille a-t-elle laissé son empreinte sur le combiné ? Le cordon, tout entortillé soit-il, est-il crotté comme un baudet ? Soyons honnête... depuis combien de temps, d'ailleurs, ne décrochez-vous plus ?

L'open space

La poussière

Observez attentivement votre environnement direct et indirect : les autochtones éternuent-ils à tout bout de champ ? se grattent-ils désespérément les yeux (quand on leur hurle dessus, ça ne compte pas, évidemment) ? se ratissent-ils furieusement les mollets (puces ou acariens, on a ici l'embarras du choix)? Quand la lumière entre (ce phénomène, généralement fort apprécié par la masse salariale, peut en effet se produire à certaines périodes de l'année, même dans un open space), voyez-vous de-ci de-là des essaims de poussière volante (on ne parle pas du nuage de Fukushima, hein) ? Quand vous actionnez la poignée d'une porte, récupérez-vous une main poisseuse ? 

Les sols, les murs et le plafond

La moquette, quelque soit sa qualité, reste avant tout un attrape-cochonneriesLa moquette, quelque soit sa qualité, reste avant tout un attrape-cochonneries à la mémoire indéfectible : tâches de café, auréoles suspectes, semelles incrustées façon Hollywood boulevard, tout y est. Le carrelage, s'il se désinfecte plus aisément, n'en est pas moins pervers ; gadouilleux dès qu'un point d'eau s’épanouit à proximité, il collectionne aussi bien les cheveux que les poils, ongles et autres réjouissances. Le parquet, goinfre comme un goret, stocke ses immondices entre les lattes ; prenez le dernier avion en papier que vous avez confectionné et glissez-le dans une rainure. Vous verrez, vous ne serez pas déçu ! Le béton (armé ou brut façon garage) a le mérite de cacher la misère par sa texture saumâtre et sa couleur incertaine ; passez-y un mouchoir (propre, de préférence), c'est à la portée de tout un chacun et c'est diablement efficace. Sur les murs, combien de traces de doigt (et de chaussure) décomptez-vous ? et combien d'affiches ont-elles été placardées ? Au plafond, les dalles sont-elles défoncées ? Entrevoyez-vous, dans les limbes obscures des fissures et autres orifices béants, le monde infernal de Brazil, cet écœurant enchevêtrement de câbles et de tuyaux maculés ?


Les toilettes

Les toilettesPar bonté d'âme, nous vous épargnerons la description de cette porcherie de l'entreprise. Prospectez par vous-même (vous êtes suffisamment aguerri, désormais) ; et surtout, soyez gentils, abstenez-vous de faire partager au monde entier les détails de votre plongée en eaux troubles...


Soyons pro-actifs


Laissez votre bureau tel quel (c'est-à-dire, en bordel)Collez un malabar sur le mur, promenez-vous dans l'open space avec des souliers bien boueux et laissez votre bureau tel quel (c'est-à-dire, en bordel) pendant plusieurs jours (avec ses pots de yaourt vides, ses mouchoirs usagés, ses paquets de gâteau écrasés, ses épluchures de clémentines...).   
Que se passera-t-il ?
Votre bureau sera-t-il nettoyé (attention, une boîte de sucrerie entamée ne compte pas ; elle disparaîtra d'elle-même, et très vite) ? Le malabar tombera-t-il du mur avant d'être jeté à la poubelle ? La fange finira-t-elle harmonieusement dispersée par le passage incessant du troupeau d'autochtones (qui traînent des pieds, il est vrai, et c'est bien pratique) ?

Pour la propreté en entreprise

Auteur : Cécile Duclos

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