Loading

8 avril 2011

Le bouquet de mariage

Le lancer de bouquet de mariageLe jour J, la mariée est en charge d'une mission d'une importance capitale : le lancer de bouquet. Cette chose encombrante et odorante qu’elle se trimbalera partout, même devant le maire lors du croustillant roule-patin, relève de ses fonctions d’épouse, comme, par ailleurs, la gestion complète du parc floral (chemins de table, boutonnières, couronnes des demoiselles d’honneur...). Notez que de son côté, l’époux ne se tourne pas les pouces (non, non) puisqu’il s’occupe de l'acheminent du troupeau familial et amical (vroom vroom), une vraie galère... Mais laissons là Monsieur et ses tutures pour vous dévoiler à vous, Mesdames, le secret d'un mariage fleuri absolutely fabulous.




Chez belle-maman : l’entraînement préparatoire


Chez belle-maman : l’entraînement préparatoireAvant toute chose, offrez-vous un petit week-end à la campagne, vous l'avez bien mérité. Après des mois de régime draconien (soupe aux choux, crèmes miraculeuses, cocaïne et autres poudres coupe-faim, abstinence drastique...), vous pouvez bien vous permettre quelques extras et belle-maman, elle cuisine divinement bien, même si ça vous coûte un bras de le reconnaître (pourquoi Bibi, son fiston d’amour, serait-il resté dans son giron jusqu’à 30 ans sinon, mmm ?). 
Pendant la sieste collective post pieds de cochons grillés sur lit de pommes de terre à l’ail, profitez de votre escapade bucolique pour vous servir à la source. Piochez sans scrupule dans les différents parterres à disposition : ne vous gênez pas (elle se gêne, peut-être, la Mireille, quand elle boulotte d’une traite votre réserve perso de chocolats Lenôtre devant Les feux de l’amour ?), cueillez quelques iris, une poignée d'œillets, une gerbe de tournesols, puis passez par le salon pour couper en catimini trois quatre branches de ficus (vous savez, celui qui vous gratouille la nuque, le soir, quand vous piquez du nez devant la télé). Dans la salle de bain, nouez tout ça avec un élastique à cheveux, à défaut (si les cheveux de la Mireille vous répugnent trop), avec un bracelet ou une chaîne de famille, puis retournez dans le jardin. 
Repérez le chihuahua qui ronfle en bavant comme une vache au soleil, éloignez-vous de lui (entre 20 et 60 mètres selon votre force et votre gabarit ; attention, on peut être petite et costaude comme grande et flasque), tournez-lui le dos et hop, balancez le bouquet. Si le rat jappe, bravo ! Vous êtes une pro du lancer de babiole (c’est un don, on l’a ou on ne l’a pas). En d’échec (dans le doute, le rat s'est carapaté sans demander son reste), changez de cible. Le p'tit Riri, par exemple, est parfait pour cet exercice : fondamentalement amorphe (dans son couffin, sa marge de manœuvre est de toute façon limitée), il chouine pour un rien. Si le bouquet atteint son but, vous le saurez : il couinera comme un goret. Essayez encore et encore jusqu'à ce que vous vous sentiez prête à assommer votre belle-sœur le jour de votre mariage (ou jusqu’à ce que le bébé cesse de coopérer en pleurnichant sans cesse parce que les bouquets volants, allez savoir, ça le stresse).

Chez le fleuriste : la composition du bouquet


Veillez à ce que les roses occupent les bords extérieursSans vous ruiner (vous ne garderez pas le bouquet, à quoi bon ?), optez pour un gros bouquet bien lourd et bien fourni. Veillez à ce que les roses, agrémentées de quelques chardons, occupent les bords extérieurs (les épines doivent êtres directement accessibles) et que les tiges rigides (bambous, luzerne, etc.) surplombent l’ensemble (si elles doivent se planter quelque part, il faut bien qu’elles sortent de la masse). N'enlevez surtout pas les tuteurs qui assurent la tenue des fleurs ; laissez-leur leur chance, à eux aussi. Enfin, ajoutez quelques têtes de jonquilles, à défaut, de pissenlit (on peut en dénicher gratos le longs des routes) afin de signifier clairement à la pimbêche qui raflera le bouquet que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, et que le jaune cocu, c'est pas fait pour les chiens (contrairement aux pissenlits).    

Dans la salle des fêtes : le vin d'honneur


le vin d'honneurLe jour J, mettez le vin d'honneur à profit pour repérer la morue (ou la pimbêche, si vous préférez) à la hauteur de vos ambitions : les belles-sœurs ne sont pas toujours en ligne de mire. Prenez Momoche le laideron, par exemple ; ne pensez-vous pas que des baffes se perdent quand elle se délecte devant vos amis en remettant régulièrement sur le tapis le physique ingrat de votre adolescence (les bagues dentaires, les lunettes en cul de bouteille et l’acné, vous ne voyez pourtant pas bien à qui ça pourrait aller) ? Et Loloche la nympho, ne vous crispe-t-elle pas lorsqu’elle prétend prendre son pied cinq fois par jour en précisant que tous les mecs sont à ses pieds (ben tiens, et le votre aussi, peut-être ?) ? Et Bêtoche la nunuche, est-ce vraiment par inadvertance  qu’elle relève chaque fluctuation (ou presque, dans un sens seulement) de votre poids ? 
Votre adversaire clairement identifiée (n'oubliez pas qu'elle ne peut pas être mariée ; ne rêvez pas, votre belle-mère a peu de chance de faire partie du lot), vous pourrez aller faire risette au photographe. Comme il est fort à parier qu’il ou elle piaffera d’impatience (quand on l’embarras du choix, trouver la bonne personne, ça prend parfois du temps, surtout avec trois coupes de champagne dans le nez), si c'est une femme, célibataire de surcroît, pensez à lui proposer gentiment de se joindre au cheptel des âmes esseulées à marier. 

Dans le square, derrière la salle des fêtes : le lancer


le lancer de bouquet finalÇa y est, l'heure du lancer de bouquet est arrivée. Tassez vos ouailles dans le carré de gazon boueux sous le chêne crevé qui sert de perchoir aux gosses du quartier puis, avec grâce, éloignez-vous suffisamment de cet infernal poulailler. Agitez le bouquet quelques secondes (c'est pour qui le bouquet? hein? c'est pour qui?); vous verrez, les heureuses élues vont commencer à se filer perfidement quelques mandales. Vous en perdrez sans doute quelques unes au passage mais cela ne doit pas vous inquiéter : une de perdue, dix de retrouvées. La meute canalisée et chauffée à bloc, repérez bien votre cible et tournez-vous lentement. Sachez aussi que plus la cérémonie traînera en longueur, plus la bataille sera rude. Esquissez en conséquence deux trois lancers à vide (tendez l'oreille, c'est la foire d'empoigne derrière vous) puis allez-y! Balancez ce boulet de bouquet et retournez-vous aussi sec. La pelouse est-elle ravagée par les talons aiguilles? Le bouquet a-t-il trouvé oeil à son pied? Combien de chignons ont-ils été arrachés? de châles, piétinés? de visages, lacérés? Combien, au final, reste-t-il de survivantes?... Si toute la tribu est décimée, félicitations! L'objectif a été atteint à 100%, pour autant que ce moment inoubliable (qui deviendra sans conteste l'un de vos meilleurs souvenirs) ait été mitraillé comme il se doit. 


Auteur : Cécile Duclos

Aucun commentaire:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...