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23 mai 2011

La climatisation en entreprise, c'est chaud

La climatisation en entreprise, c'est chaudMaintenir une température convenable dans les locaux est l'un des soucis majeurs de toute entreprise de plus d'une personne (outre l'accroissement exorbitant de son CA et l'enrichissement d'autant moins modéré de ses dirigeants et de ses éventuels bienheureux actionnaires). À cette fin, plusieurs stratégies s'offrent aux sociétés soucieuses du bien-être de leurs salariés, ainsi qu'à celles qui s'en contrefichent royalement, d'ailleurs, l'inspection du travail rodant toujours, généralement, là où le bât blesse.

Le complexe chauffage-climatisation


Contexte


Le complexe chauffage-climatisationCoupler un système de climatisation au chauffage central ou électrique, option qui semble pour le moins sensée, quoique extrêmement onéreuse pour les malheureux dirigeants et leurs actionnaires, n'est toutefois pas la mieux acceptée par la masse salariale. Curieusement, quand il n'y a pas de climatisation, tout le monde est d'accord : il faut l'installer, et vite. Mais quand la climatisation arrive, les ennuis aussi... 

  • D'un côté, il y a ceux qui veulent à tout prix faire chuter la température et qui activent la climatisation été comme hiver. C'est le cas d'Arnold, un mastodonte velu qui transpire comme une bête (et personne ne tient vraiment à le voir torse nu, en short et en tongues), mais aussi de Mireille, la doyenne de l'établissement, assaillie de bouffées de chaleur (« Ma, que calor ! »), et de l'équipe informatique dans son entier, un cheptel de jeunes ours exsudant qui grognent, amorphes, collés à leurs chaises.
  • De l'autre côté, il y a ceux qui cherchent désespérément à faire grimper la température et qui n'hésitent pas à couper la climatisation l'été après avoir poussé le chauffage à fond tout l'hiver. C'est le cas de l'hôtesse d'accueil (on la comprend, avec sa minijupe et son corsage en V, en plein courants d'air), de Robert, qui travaille à la comptabilité, celui qui est blême comme un linge et maigre comme un os, et des filles de la finance, qui grelottent à longueur d'année, emmitouflées dans trois pulls, deux manteaux et un minimum de quatre châles-écharpes-cagoules, et qui malgré tout, trouvent le moyen de tomber malades dès que l'on actionne l'appareil (kératites et conjonctivites, bronchites, rhinites, grippes, tout y passe).

Tactiques observées


Tactiques observées (console de contrôle)Pour la plupart des autochtones, qu'ils soient glacés comme des esquimaux ou cuits comme des merguez, la régulation de la température ambiante relève d'une question de survie. Aussi a-t-on pu relever, sur le terrain, des comportements des plus significatifs :

  • Les plus forts (en termes de musculature), les plus hauts placés (généralement, ce ne sont pas les mêmes), les plus grandes gueules (souvent, ce sont les mêmes que ceux précédemment cités), les chouchous et autres lèches bottes (parmi lesquels les promotions canapés s'illustrent tout particulièrement), se dirigent d'un pas assuré vers la boîte murale et règlent comme ils l'entendent (avec une totale liberté, sans demander l'avis de qui que ce soit, surtout pas des buses qui jouxtent les points de soufflerie) cet épineux problème qui pour eux, n'en a jamais été un.
  • Les plus fourbes (qui se bousculent souvent en bas de l'échelle hiérarchique) attendent que les privilégiés aient le dos tourné (ce qui arrive sans cesse, vu que la réunionite aiguë est une maladie hautement contagieuse dans la sphère supérieure) pour évoluer le plus furtivement possible (en crabe, sous les bureaux, en sifflotant, un verre à la main façon « je vais à la fontaine à eau », etc.) vers le boîtier magique et régler à leur tour la température. Évidemment, dans une telle configuration (discrétion oblige), ils ne demandent pas non plus l'avis de leurs pairs (ce qui constitue un point commun intéressant avec les privilégiés).
  • Les rebelles tirent parti de leur capacité instinctive à s'approprier tout échappatoire naturel vers l'extérieur : fenêtres, vasistas, portes... Ils peuvent ainsi contrôler, à leur manière bien à eux (anarchique et rudimentaire), leur confort personnel en premier lieu, et la température globale en bonus (mais ça, ils s'en fichent éperdument).
Et les salariés pseudo-civilisés, dans tout ça ? Ils entrent dans des controverses sans fin qui, lorsqu'elles ne finissent en foire d'empoigne, se terminent toujours sous fond de rancunes et de vexation diverses et variées.

Conclusion


La solution ? Les ventilateurs.La climatisation, qui engloutit un max de thunes, est un facteur contre-productif manifeste. On passe son temps à y mettre son grain de sel (toutes couches hiérarchiques confondues), dans un ballet permanent  source de dangereuses luttes intestines.
La solution ? Pour toutes les entreprises qui peinent à franchir le cap de l'installation d'un système centralisé et pour toutes celles qui regrettent de l'avoir franchi, investir dans l'industrie florissante du vent. Des bouquets de ventilateurs de toutes les tailles et de toutes les couleurs vous attendent en magasin (et dans tous les bons bazars). A tête fixe ou rotative, bruyant ou silencieux, un ventilateur peut faire taire jusqu'à dix autochtones à lui tout seul (surtout s'il est puissant côté décibels ; ça tombe bien, les décibels ne coûtent pas cher). Cerise sur le gâteau : les ventilateurs permettent de répartir équitablement la poussière ; que demande le peuple ? Un éventail ? Bon, pourquoi pas ?...

Un éventail ? Bon, pourquoi pas ?...

Auteur : Cécile Duclos

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