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24 juin 2011

L’amour (vache) est dans le pré

L’amour (vache) est dans le préFrançois, agriculteur en Corrèze, a sélectionné 2 candidates pour venir vivre avec lui une semaine dans sa propriété : Martine et Ségolène.

Toutes deux sont des citadines pures et dures et ne connaissent strictement rien à la campagne. François va tenter de faire leur apprentissage avant d’en choisir une des deux pour lui proposer la botte (de foin).


Aujourd’hui, on va commencer par la traite des chèvres- Aujourd’hui, on va commencer par la traite des chèvres. Je vous montre comment on fait, vous verrez, c’est simple. Avec le trayon je serre le pis entre le pouce et l’index, j’ouvre et je referme le poing et le lait jaillit. À vous maintenant !
- Toi, Martine, tu t’occupes des Pyrénées, les noires, et toi, Ségolène, des Saanen, les blanches. Pas dur ! Il n’y a que deux couleurs.
- Martine, arrête ! J’ai dit les chèvres noires, pas la chienne. Les chèvres, c’est les bêtes avec des cornes. Non, Martine, ça, c’est les vaches. Les chèvres, c’est plus petit et ça fait « Bêêêêêêê… ».
- Ségolène, arrête immédiatement ! Tu es en train de traire le bouc. Tu vois bien que ce ne sont pas les mêmes tétines. Non, ce n’est pas du lait que tu as dans le seau. Tu en as bu ? Essaye de recracher. Ça va de mâle en pis, dis donc.
- Martine, je t’ai dit de serrer le pis, pas la queue de la chèvre. Les pis sont dessous, pas derrière.
- Ségolène, cesse de jouer. Enlève les trayons des cornes de la chèvre. Oui, d’accord, elle est plus jolie comme ça, mais les trayons sont tout sales maintenant.
- Martine, arrête d’empiler les trayons sous le pis de la chèvre, voyons ! Tu veux lui faire une cinquième patte ?

Après les chèvres, je pensais vous initier à la traite des vaches- Bon, on arrête tout, on verra la traite une prochaine fois. Après les chèvres, je pensais vous initier à la traite des vaches, mais j'ai un peu peur. Surtout pour Ségolène, si elle prend le taureau pour une vache… Je vais simplement vous présenter mon troupeau. Venez dans l’étable.
- L’étable, Martine, pas les tables. Tu as déjà faim ?
- Pourquoi tu cries, Martine ? Tu as peur des quoi ? Des bisons ? Mais non, ce ne sont pas des bisons, ni des buffles. Ce sont mes vaches. Il y a là des Limousines, des Salers, des…
- Non, Ségolène, les Limousines, c’est pas des grosses berlines, ce sont des vaches. Et les Salers, ça (a) l’air de vaches aussi.
- Ségolène, reviens vite, la belle grosse vache qui gratte la terre avec ses sabots quand tu t’approches, c’est le taureau !

Ça tombe bien, j’ai une vache qui va vêler- Tiens, voilà le vétérinaire. Ça tombe bien, j’ai une vache qui va vêler. Venez les filles, vous allez assister au spectacle. Surtout, vous ne hurlez pas, et vous évitez les mouvements brusques !
- Ségolène, ne te moque pas de cette pauvre vache. Ce qui sort, ce ne sont pas de grosses bouses, c’est la tête du veau qui commence à pointer son museau. Non, ne t’approche pas, laisse faire le vétérinaire. Il va l’aider à sortir, n’aie pas peur, il ne va pas le remettre dans le trou. Ça y est, il est sorti.
-  Non, Martine, il n’est pas déjà mort, il est couché, il ne s’est pas encore relevé.
-  Ségolène, arrête de pleurer, sa mère n’est pas en train de le dévorer, elle le lèche pour le sécher et le réchauffer. Vous voyez, il arrive maintenant à se lever.
- Martine, ne hurle pas comme ça, le veau non plus ne mange pas sa mère, il avale le colostrum, c’est tout. Je sens que toute une semaine avec vous, ça va être coton ! Combien de jours dans une semaine ? Sept ? Ah ! Tant que ça ?...

je vais vous faire faire un petit tour en tracteur- Bon, avant de passer à table, je vais vous faire faire un petit tour en tracteur. Vous le voyez, là, flambant neuf ? Installez-vous.
-  Non, Martine, pas sur le siège arrière, il n’y a que deux sièges et à l’avant, désolé.
-  Tu cherches quoi, Ségolène ? La clim ? Non, pas de clim, pas sur ce modèle en tout cas. Pas de toit ouvrant non plus.
-  Martine, ne cherche pas à boucler ta ceinture de sécurité, tu risquerais de la chercher longtemps.
-  Eh oui, Ségolène, c’est une 2 portes, pas de portes à l’arrière, pas de hayon non plus. Bon, maintenant vous vous calmez et on y va.

Admirez plutôt ma propriété-  Martine, ne cherche pas le klaxon, il n’y en a pas. Pas de warning non plus, ni de cendrier, ni de GPS. Admirez plutôt ma propriété, mes hangars, mes cultures.
-  Non, Ségolène, ce ne sont pas des mauvaises herbes, c’est du maïs et je ne vais pas l’arracher.
-  Manger tout ça ? Mais c’est pour mon bétail, pas pour moi, Martine.
-  Non, Martine, ça ce n’est pas un champ de champignons, c’est un champ de patates.
- Ça t’a donné faim, Ségolène ? Tu veux des croissants ? Alors, ou tu suis la départementale là-bas sur environ 5 kilomètres et tu trouveras le village avec une boulangerie, ou tu prends le raccourci à travers champs et forêts et tu gagnes 1 kilomètre si tu ne te perds pas dans les bois, ou tu attends le camion de l’épicier dans une dizaine d’heures.
- Et toi, Martine, tu passerais bien chez le coiffeur ? Simple ! Tout droit sur une vingtaine de kilomètres et tu prends le bus jusqu’à la ville la plus proche.
- Allez, on rentre, j’en ai eu ma dose pour la semaine. Je vous ramène en vitesse à la gare et ciao. Le prochain train ? Je ne sais pas. Peut-être aujourd’hui, ou alors demain. C’est votre problème. Moi, je vais téléphoner à la production de la chaîne pour leur dire que j’arrête tout. Basta ! La prochaine fois, j’irai faire mon choix au champ de foire.

La prochaine fois, j’irai faire mon choix au champ de foire.

Auteur : Marc Duclos

1 commentaire:

Eva Cordel a dit…

Merci pour cet article ! C'était très drôle, en particulier le passage avec les chèvres.

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