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4 juillet 2011

Le têtard qui se prenait pour un requin

Il était une fois un vilain têtard,
Aussi teigneux que cloche,
Qui rêvait, allez savoir pourquoi,
De devenir requin.

Le têtard qui se prenait pour un requin

Aussi vicieux que vantard,
L'avorton tout moche,
Avait cependant ce je-ne-sais-quoi,
Un tantinet mesquin,

Qui aurait pu faire de lui une star,
Malgré sa creuse caboche,
Sa bêtise d'oie,
Et ses façons de fieffé coquin.

Sans doute, le maudit bâtard,
Aurait-il mérité jeune quelque taloche,
Quelques rouste bien senties, quoi,
Comme n'importe quel pékin.

Mais le sort n'en décida pas ainsi.
Car la vie, parfois, est injuste.
Et l'infâme têtard devint grand,
Et gras, comme un bébé requin.

requin

Comment cela advint-il ? Voici.
Sa fratrie entière, bien que robuste,
Il boustifailla, en gourmand tyran,
Se pourléchant les babines, le gredin !

Et voilà-t-il pas, que la sale bestiole,
Ivre de gloriole,
Rongée d'ambition,
Devint sujet d'admiration ?

Une cour de têtard vicieux comme pas deux,
Se forma bientôt autour du vieux,
Exécutant ses ordres en défaillant,
Humiliant leurs paires en frétillant.

Crapaud dodu, bille en tête,
Décida alors d'aller jouer dans la cour des grands.
Le menu fretin était trop vraiment bête,
Il lui fallait, à sa hauteur, de vils concurrents.

Crapaud dodu


Fier comme un bar-tabac,
Coincé dans sa mare à nénuphars,
Il se percha sur un caillou, branle-bas de combat,
Bombant son torse buboneux en fanfare.

C'est alors qu'un minuscule étourneau,
Par étourderie, pouf, tomba à l'eau,
Assommant, par mégarde, la crapule de crapaud.

Tête première, la crapoussin coula,
Acclamé par une formidable ola.
Personne ne l'aida,
Personne ne le pleura.
Diable, pourquoi ?
Ben quoi !
Tout le troupeau,
Voulait sa peau !


Morale de l'histoire 


Quand un têtard vous mange dans la main, écrasez-le.

Quand un têtard vous mange dans la main...

Auteur : Cécile Duclos

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